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Littérature

LE BLUFF TECHNOLOGIQUE (Jacques Ellul)

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le-bluff-technologique-de-jacques-ellulGrand classique de la critique de la technique, ce livre publié en 1988 est aujourd’hui réédité chez Pluriel  13€  – 744 pages.  Ecrit intentionnellement pour un large public dans une langue simple, il anticipe de manière singulièrement prémonitoire les déconvenues actuelles de la technologie (accident  de Fukujima, développement accéléré de la consommation de gadgets et d’écrans inutiles, primat de la communication sur l’information, création incontrôlée de produits financiers délétères qui n’auraient pu voir le jour sans la technique, multiples problèmes posés par Internet) . Par « Bluff technologique« , Ellul ne signifie pas que les techniques ne tiennent pas ce qu’elles promettent, ni que les techniciens sont des bluffeurs. Il parle du discours dithyrambique tenu par les techniciens, les politiques et les médias qui décuplent les possibilités techniques et voilent radicalement les aspects négatifs. La technologie ou étude des techniques, est censée résoudre tous les problèmes, chômage, dégâts écologiques, transport et réparer ses propres erreurs. On n’arrête pas le progrès! c’est l’injonction technicienne appliquée à tout et tous. Si une avancée technique existe, c’est forcément bon, alors il faut l’appliquer, entièrement et sans aucun recul.

Pour Ellul, la technique a remplacé la religion:  » Dieu ne sert à rien dans la situation où nous sommes, mais la science, elle, est grâce à l’idéologie, devenue divine comme jamais. » Cette déification interdit toute critique de la science, vue comme manifestation d’un esprit réactionnaire.

La science censée libérer les hommes ne les rend pas libres et fait majeur souligné par Ellul, le système technicien conditionne les pouvoirs politiques et économiques et non l’inverse: » Il faut avant tout se garder d’une erreur qui consisterait à croire que l’homme est libre. Si nous nous projetons avec la certitude que l’homme a des responsabilités infinies et qu’en derniere instance, il est bien libre de choisir entre le bien et le mal, de choisir son destin, de choisir entre les multiples possibles qu’offrent les milliers de gadgets techniques, si nous croyons qu’il est libre d’inventer le contre-poison à tous ce que nous avons rencontré, si.., si…, si, imaginez tous les possibles ouverts à cet homme souverainement libre, alors si nous croyons cela, nous sommes réellement perdus. « 

L’homme moderne doit répondre aujourd’hui à 4 impératifs. « D’abord et avant tout, bien faire son travail, soigneusement. Deuxièmement, ne s’occuper de rien dans la collectivité, ne rien prendre en charge […]. Jouez, jouez, nous nous occupons du reste. La troisième demande est de bien consommer. Il faut qu’il consomme tout, c’est un devoir absolu, c’est même son seul devoir impératif. La dernière exigence de notre société technicienne est de  » suivre exactement l’opinion qui est diffusée dans les médias, adopter les thèmes de réflexion et d’information qui sont proposés et ne pas chercher ailleurs et plus loin« 

Pour Ellul, « le discours sur la technique, répandu absolument partout et non critiqué est de nature terroriste. Il complète parfaitement la fascination de l’homme occidental et le place dans une situation de double dépendance irréversible« 

Tout n’est pas à prendre au pied de la lettre dans cette somme de près de 800 pages et on peut ne pas partager certaines détestations de l’auteur pour la BD portée au rang de culture, les jeux vidéos vus comme un danger absolu et essentiel, l’invention du micro (!), le rock. Des propos de vieux ronchon, mais passons …

Ellul  ébauche la société après l’an 2000 : « Il est évident que la société de l’an 2000 sera une société entièrement informatisée, une société communicationnelle, une société de haute technologie, une société de colonisation de l’espace, d’énergie illimitée, de transformation radicale de la production grâce à la productique et à la robotique, une société où l’intelligence artificielle remplacera presque entièrement l’intelligence humaine ».

Dans sa conclusion, nous reconnaissons avec stupeur le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui « un énorme désordre mondial qui se traduira par toutes les contradictions et tous les désarrois« . Tout reste encore à inventer pour retrouver une liberté véritable dans un monde dominé par un système technicien qui nous asservit au final plutôt qu’il ne nous aide.
Première partie d’un documentaire en 6 parties sur Jacques ELLUL

Dans cette partie, Jacques  insiste sur la dilution de la responsabilité à tous les échelons du système technicien. « Personne n’est responsable« 

Jacques Ellul (1912-1994) a consacré l’essentiel de sa réflexion à l’impact des techniques sur les sociétés contemporaines. Il a notamment publié La technique ou l’enjeu du siècle, Le système technicien. Beaucoup plus connu aux États-Unis qu’en France, ses livres sortent aujourd’hui du purgatoire, où ils rencontrent la conscience écologique d’un nouveau public. Jean-Luc Porquet, le préfacier, est l’auteur de Jacques Ellul, l’homme qui avait (presque) tout prévu (Le Cherche-midi). Dans cet ouvrage, synthèse de la réflexion consacrée par Jacques Ellul à la technique, l’auteur s’attache à démystifier le discours sur les changements technologiques qui fleurissent dans notre société. Ecrit antérieurement à l’explosion informatique et communicationnelle des années 80, il en anticipe l’arrivée, les utopies et les déconvenues. Plaidant pour une technique au service de l’homme contre une société qui asservit l’individu à une multiplicité de gadgets, il démonte avec minutie et conviction les arguments qui font de la technologie une fatalité. Manifeste pour une technique au service de l’homme, ce livre est un grand classique de la critique de la technique.

 

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Littérature

PAOLO COELHO: Être simple, c’est ce qu’il y a de plus difficile

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Né à Rio de Janeiro, Paolo Coelho fréquente l’école jésuite de San Ignacio, et se forge un caractère rebelle sous l’éducation rigoureuse des Pères. Le souhait de ses parents était de voir leur progéniture devenir ingénieur, comme le père, qui désemparé par cet enfant difficile, qui préfère le théâtre, le fait interner dans un hôpital psychiatrique. Paolo n’avait que dix-sept ans. Quelques années plus tard l’écrivain s’inspira de cette pénible expérience qui en résultera d’un roman intitulé Véronika décide de mourir.

En 1970, Paolo quitte sa ville natale pour voyager à travers la Bolivie, le Pérou, le Chili, le Mexique, y compris l’Europe et l’Afrique du nord. De retour au Brésil, deux ans plus tard, il se met à composer des paroles de chansons populaires auxquelles participent des musiciens tels que Raul Seixas. Cette collaboration contribue à changer le visage de la scène rock brésilienne. Ce fut un succès.
Paolo Coelho rencontre sa femme Cristina, artiste peintre, en se réconciliant avec la confession catholique.

En 1974, l’écrivain est emprisonné pour avoir commis des gestes subversifs contre la dictature brésilienne.
Aspirant à une vie ordinaire après cette expérience, Paolo Coelho se spécialise dans la musique brésilienne en tant que journalise et décroche un travail chez Polygram. En 1978, il quitte son travail et sa femme. En 1987, il trouve l’inspiration de son premier livre Le Pèlerin de Compostelle, sur le chemin de pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, qui ne sera exporté que dix ans plus tard.

En 1988, Paolo est rendu célèbre par la publication du roman l’Alchimiste (Jean Pierre Santiago). Ouvrage dont la source de la légende n’est autre que celle du fondateur d’une synagogue de Cracovie : Isaac Jakubowicz, basé sur une nouvelle de Jorge Luis Borges, le compte des deux rêveurs. Vendu à plus de 11 millions d’exemplaires, et traduit en 41 langues.

« Je pense que les écrivains écrivent, les critiques critiquent et les lecteurs lisent. En se qui concerne la simplicité de mes livres, je donne entièrement raison à mes critiques. Être simple, c’est ce qu’il y a de plus difficile », réponse faisant suite aux critiques faites par certains détracteurs, stipulant que bien qu’il soit l’écrivain le plus connu, et membre de l’académie des lettres depuis 2002, et l’immense publicité qui accompagne la sortie de chacune de ses œuvres et ses fautes de grammaire, il manque d’originalité.
Malgré tout, Paolo Coelho reste l’un des écrivains les plus lus et les plus influents du XXIe siècle.

 

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MARIE-FRANCE BOKASSA: Au château de l’ogre

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Marie-France Bokassa, fille de l’ex-empereur de Centrafrique, a grandi au château d’Hardricourt, dans les Yvelines, avec ses frères et sœurs soumis à une discipline militaire et laissés dans le plus grand dénuement. Elle raconte une enfance folle et sa fuite hors du château.

J’étais une princesse et je vivais dans un château. Mon enfance, vue de loin, tenait du conte de fées. Et pourtant je ne fus pas heureuse. Car l’ogre était mon père.
Je suis née en Centrafrique en 1974, à l’hôpital de Bangui, la capitale. Mon père était le président de cette république et ma mère, une jeune fille de seulement quinze ans venue de l’île de Taïwan.
Mon père a eu deux enfants avec ma mère, et affirmait en avoir au total cinquante-six, nés de dis-sept femmes d’origines géographiques différentes : de Roumanie, du Vietnam, de Taïwan, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Liban, de France et d’ailleurs. Ils les avaient rencontrées lors de voyages officiels.
J’ai fait mes premiers pas sur la belle terre rouge d’Afrique. Dix ans après sa prise du pouvoir en République centrafricaine, mon père a décidé de s’autoproclamer empereur. En 1977, il a organisé la cérémonie du sacre et, presque simultanément, a choisi de mettre sa progéniture à l’abri en Europe. Il a informé les mamans de la séparation imminente, afin de protéger les enfants d’éventuelles tentatives d’attentat.

Broché: 208 pages

Éditeur : FLAMMARION (20 février 2019)

Collection : ARTHAUD – COLL

Langue : Français

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Littérature

CALIXTE BEYALA – LA FAIBLESSE DE LˊAFRIQUE EST LIÉE AU MANQUE DE LECTUREˮ

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Grand prix littéraire de l’Afrique Noir pour son romain« Maman a un amant », Grand prix du roman de l’Académie Française pour « Les honneurs perdus », Grand Prix de l’Unicef pour « La petite fille du réverbère ».Que de prix et de titres honorifiques cumulés, entre autres chevalier des arts et des lettres, et chevalier de la Légion d’Honneur 2010 en France. Calixte Beyala, un nom respecté à tort ou à raison par les médias, les politiques, et la confrérie des écrivains. Calixte est l’instigatrice et porte-parole de l’association collectif égalité, fondée en décembre 1998, à laquelle se joignent l’humoriste Dieudonné, le chanteur Manu Dibango et Luc Saint-Eloy. L’absence des noirs dans les médias-audiovisuels la pousse à déposer plainte contre le gouvernement français et le CSA. Cette démarche a objectivement aboutie, puisque le président du CSA de l’époque, Hervé Bourges a reçu le collectif en octobre 1999. Avide de l’égalité et des droits de l’homme, Calixte Beyala se présente avec Luc Saint-Eloy sur la scène de la cérémonie des César du cinéma
pour y revendiquer une plus grande présence des minorités sur les écrans français, et rend hommage à la comédienne Darlin Légitimus, décédée en décembre 1999, que les organisateurs de l’événement n’avaient pas citée lors de leur hommage aux comédiens disparus au cours de l’année précédente.
Le 22 février 2005, elle intervient dans le quotidien le monde pour réfuter toute hiérarchie dans la souffrance elle lance un appel au dialogue entre Noirs et Juifs, et
condamne les positions prises par le comédien Dieudonné. Pendant que tous les Français, ou presque étaient contre la visite de Mouammar Kadhafi en France, Calixte se distingue en saluant les actions politiques du président libyen dans le Figaro du 12 décembre 2007 et dans l’émission télévisée « Revu et Corrigé » sur France 5.Membre du comité de parrainage de la coordination française pour la décennie de la culture de paix et de non-violence, Calixte Beyala s’est engagée pour la promotion de la francophonie, la Maison des peuples d’Afrique et la lutte contre le sida. Ses prises de positions militantes et son action associative ont été récompensées par le prix de l’Action communautaire en 2000.On se souvient du procès qu’elle a intenté à Michel Drucker, dont elle fût la maîtresse, pour n’avoir pas été rémunéré pour sa collaboration à un livre de l’animateur français de télé, qui lui a versé 40 000 euros après avoir été condamné. C’ était en janvier 2011.

JMK

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