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Société

Paris- À Belleville, « les chinois entre eux, les Rebeus entre eux, les blacks entre eux »

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BellevilleÀ l’occasion de la venue de Claude Guéant, mercredi, dans ce quartier parisien aux prises avec l’insécurité, Prosith a recueilli les doléances et commentaires d’habitants de diverses origines.
Mercredi, Claude Guéant a fait un saut à Belleville, dans le 20e arrondissement de Paris. Le ministre de l’intérieur s’y est rendu suite aux violences subies par des habitants et commerçants de ce quartier populaire aux multiples origines. Suite, surtout, à la manifestation contre l’insécurité du 19 juin. Il a tenu à rassurer la population et proposé des mesures visant à remédier à cette situation.
Il a d’abord rendu visite aux proches de Hu Jiang, la « victime de trop », agressé le 29 mai, dans le restaurant où celui-ci travaillait, le « Nouveau Palais de Belleville ».  Il est ensuite allé au restaurant « Le Pacifique », situé à 100 mètres de là, où il s’est entretenu avec des élus locaux, dont la maire du 20e, Frédérique Calandra (PS) et le sénateur maire du 19e, Roger Madec (PS), des responsables d’associations chinoises comme l’AJCF (Association des jeunes chinois de France), l’Union des commerçants d’Aubervilliers pour la solidarité, mais aussi des représentants de l’ambassade de Chine.
Pendant près d’une heure le ministre a écouté les doléances de ses interlocuteurs et dit vouloir « mettre le paquet pour renforcer le sentiment de tranquillité ». En travaillant par exemple sur la prévention de la délinquance auprès des jeunes (accompagner les prédélinquants, lutter contre l’absentéisme), en améliorant la justice des mineurs pour plus de rapidité dans l’application des sanctions et en instaurant des peines plancher pour les délinquants. Un arsenal pratique ou théorique déjà connu et qui sera sans doute à nouveau servi aux Français à la présidentielle de 2012…
La visite du ministre a plutôt bien été accueillie et les participants à la réunion lui ont fait part de leurs remerciements. Ahn Dao Traxel, la « fille de cœur » du couple Chirac, d’origine vietnamienne : « Le 19 juin vous étiez absent. Mais merci d’avoir reçu le message. Les Asiatiques veulent avoir un traitement égal pour avoir la paix dans la République. Je veux un nettoyage des racailles et voyous pour vivre en tranquillité. » Olivier Wang, coorganisateur de la manif du 19 juin : « Le dispositif de sécurité s’est amélioré depuis la collaboration avec Brice Hortefeux. Nous devons continuer à nous battre. »
Mais au-delà de ces remerciements, pour ainsi dire d’usage, il y a aussi, surtout, le souhait que toutes ces paroles se traduisent en actes. Sacha Lin, président de l’AJCF : « Le cri du 19 juin a été entendu et je suis plutôt satisfait que le ministre se déplace pour venir nous écouter. Mais à présent, j’attends les actes concrets, c’est pour ça que nous sommes présents. Sinon on devra encore réagir. Et cette fois-ci j’espère que d’autres personnes et d’autres communautés se joindront à nous. Car après tout, le problème touche tout le monde sans exception. Mais à l’avenir j’aimerais qu’on parle plus des habitants de Belleville que des Chinois de Belleville. »
Depuis le mois de janvier, 25 policiers patrouilleurs ont été spécialement affectés dans ce secteur et d’après eux, « la situation s’est améliorée même s’il reste du boulot ». Mais pour les habitants et commerçants, rien n’a changé, cela s’est même dégradé.
Bao, un commerçant du quartier, posté devant son magasin pour voir passer Claude Guéant : « Je trouve ça bien qu’un ministre vienne ici pour voir ce qu’on vit. Mais il aurait dû venir un dimanche. C’est le dimanche que ça bouge le plus. Il y a les mariages et les voyous le savent très bien, donc ils en profitent. » Une de ses clientes interrompt notre conversation, elle est de type asiatique. Elle me confie : « Vous savez, sur moi, j’ai une bombe lacrymogène. Je ne sors plus sans depuis que ma fille s’est faite agresser. Même pour acheter des fruits ! C’est de plus en plus dangereux ici. »
En me promenant, je rencontre Xavier, la trentaine, il vit depuis dix ans à Belleville. Je lui demande s’il sent une tension grandissante dans le quartier. « C’est toujours de la tension, ici, mais c’est vrai que là c’est plus tendu que d’habitude. Les Chinois sont de plus en plus méfiants et j’ai l’impression qu’ils se replient de plus en plus sur eux », dit-il. « Un repli communautaire ? », je lui demande. « Bah oui, de toute façon c’est très communautaire, ici. Les gens ils ne traînent pas trop ensemble. Les Chinois entre eux, les Rebeus aussi, les Blacks aussi. Et ce qui est dommage c’est que les seuls échanges entre communautés se font par agressions. Bon je dis ça sans racisme tu sais, mais faut le dire qu’ici jamais tu ne verras une maman africaine se faire arracher un collier ! C’est toujours les mêmes les agressés et toujours les mêmes les agresseurs. Donc forcément, ça donne une image de tensions communautaires et les gens se replient. »
Dans un café, je rencontre Redouane et Karim, des « habitués du coin », comme ils disent. La vision de Redouane du quartier est différente de celle des autres personnes interrogées : « Ici il y a des agressions mais comme il y en a partout ailleurs. Faut pas dramatiser non plus. C’est des petits cons qui font ça, faut pas généraliser ensuite comme quoi c’est tout les Arabes. Moi c’est ça qui m’énerve, c’est que les gens généralisent après. »
Karim enchaîne : « Moi je les comprends, les Chinois, c’est bien ce qu’ils font. Moi aussi personnellement ça me fait plaisir qu’on vienne ici mettre de l’ordre, comme ça tout le monde est content. Mais il a raison, mon ami, le problème c’est qu’on généralise trop aussi. Mais moi les Chinois, ils me connaissent, ils savent que je suis un bon Arabe ! », dit-il en rigolant.
Prosith Kong

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Société

LA XÉNOPHOBIE EN AFRIQUE DU SUD

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Le président mozambicain Filipe Nyusi a commenté mardi des incidents xénophobes survenus en Afrique du Sud, pays voisin, en condamnant fermement ces actes.

Selon le journal privé STV Noticias, le président a déclaré que plus de 500 Mozambicains avaient perdu leur maison à cause de la violence.

Il a également déclaré que le gouvernement avait activé les processus de rapatriement des nationaux touchés. Le Mozambique devient le deuxième pays africain à le faire.

Le Nigéria, qui a le plus parlé après la violence à Johannesburg et dans d’autres banlieues, a déclaré que plus de 600 de ses citoyens étaient prêts à être rapatriés par avion.

Dans le même temps, les ministres sud-africains du groupe de la sécurité se sont réunis mardi et ont fait des déclarations sévères sur la répression de la question de la migration illégale.

«En ce qui concerne le recrutement de ressortissants étrangers sans papiers, nous allons réprimer les propriétaires d’entreprises privées qui ne respectent pas les lois sur le travail et l’immigration. Les affaires intérieures, le service de police et le département du travail vont intensifier les inspections », a déclaré le groupe sectoriel Justice, prévention du crime et sécurité.

JMK

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Faits divers

Ils obligeaient des jeunes femmes roumaines à se prostituer, 15 suspects interpellés

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Le réseau, qui avait des relais à Nantes et Rennes, forçait des jeunes femmes roumaines à se prostituer dans la rue ou des hôtels

Dix suspects ont été interpellés en France, dont trois ont été incarcérés, dans le cadre du démantèlement d’une vaste filière roumaine de proxénétisme et de traite d’être humains, a annoncé vendredi soir le parquet de Rennes.
Agissant sur l’ensemble de l’Europe, cette « organisation criminelle » exploitait de « jeunes femmes roumaines acheminées en France et contraintes à une prostitution de voie publique et hôtelière, sous le contrôle direct et permanent de proxénètes en France, agissant (…) pour le compte de chefs basés en Roumanie », indique le procureur adjoint Emmanuel Razous. Elle disposait de relais dans l’ouest de la France, en particulier à Rennes et Nantes.
Plus de 1,2 million d’euros envoyés en Roumanie
L’argent tiré de la prostitution était envoyé « par mandats » aux « chefs de clan en Roumanie ou récupéré en France par ces derniers », selon la même source. Sur trois ans, les sommes envoyées en Roumanie ont été estimées à 1,2 million d’euros et des mandats de 487.000 euros ont été identifiés depuis 2015. Cet argent servait à l’achat de voitures de luxe ou à des constructions immobilières.

Mardi, une opération judiciaire coordonnée a été déclenchée en France, en Roumanie et en Allemagne, mobilisant notamment 150 gendarmes français. Dix personnes ont été interpellées en France et cinq à l’étranger. Dans l’Hexagone, cinq personnes ont été mises en examen, dont trois ont été placées en détention provisoire.
Initiée en novembre 2018, l’enquête est conduite par un juge d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Rennes, avec notamment les gendarmes d’Ille-et-Vilaine et de Loire-Atlantique (sections de recherches et groupements) et le soutien des unités européennes de coopération judiciaire et policière Eurojust et Europol.

Source: AFP

 

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SECURITE

Côte d’Ivoire : La ville de Béoumi à feu et à sang

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La ville de Béoumi a connu des heures chaudes, ce mercredi 15 mai, lors de l’affrontement entre des chauffeurs de ladite localité. L’on dénombre de nombreux blessés, ainsi que d’importants dégâts matériels.

Affrontements de Béoumi, des policiers blessés par balle

Une petite incompréhension entre un chauffeur de Toyota Picnic (Malinké) et un chauffeur de Moto-taxi (Baoulé), et c’est parti pour un affrontement intercommunautaire opposant les deux communautés. Le chauffeur de Moto-taxi, tailladé à la machette par son adversaire, a succombé à ses blessures. Plusieurs autres blessés, des véhicules et maisons incendiés, tel est le résultat de ces affrontements, selon un bilan partiel.

L’on note par ailleurs que les policiers et gendarmes, dépêchés de Bouaké et de Sakassou pour venir rétablir l’ordre et protéger les personnes et les biens dans la ville voisine de Béoumi ont essuyé des revers.

Le commissaire de police de Béoumi, Klon Adolphe, a reçu deux balles à la jambe et au dos. Deux autres policiers et trois gendarmes appelés en renfort ont également été blessés par balles. Ces agents des forces de l’ordre ont été évacués d’urgence au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bouaké pour des soins appropriés.

Un calme précaire règne pour l’instant dans la ville dont est originaire le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Sidi Tiémoko Touré. C’est donc le lieu d’interpeller les autorités ivoiriennes afin de prendre des dispositions nécessaires pour éviter que ces affrontements inter communautaires observés à l’ouest, au nord et maintenant au centre de la Côte d’Ivoire, se propage dans tout le pays.

AF7

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